LUSIGNAN

(Selection from the series "Lusignan")

Work during the artistic residency in April 2016 in Niort, France

"Les samedis ne seront que pour moi ..."

Le travail «Lusignan» est né en avril 2016 pendant les deux semaines de résidence à la Villa Pérochon dans le cadre des 22ème Rencontres de la jeune photographie internationale de Niort en France.

J’ai découvert à Niort la légende de la fée Mélusine.

Ayant autrefois assassiné son père et puis été ensorcelée par sa mère, la fée Mélusine est condamnée à prendre tous les samedis l'apparence d'une femme serpent. Afin de pouvoir préserver sa forme de femme le reste de la semaine, elle doit garder ce secret. Si celui ci était découvert, elle devrait alors quitter pour toujours le monde des mortels.

Elle épouse le noble Raymondin et la légende dit que la fée Mélusine construit en une nuit pour son mari le plus grand château fort de France, le château de Lusignan. Raymondin lui promet de ne pas la chercher les samedis et respecte sa promesse jusqu'au jour où son frère vient lui rendi visite ...

"Il vit Mélusine dans le bassin. Jusqu'au nombril elle avait l'apparence d'une femme et elle peignait ses cheveux ; à partir du nombril elle avait une énorme queue de serpent, grosse comme un tonneau pour mettre les harengs, terriblement longue, avec laquelle elle battait l’eau qu'elle faisait gicler jusqu'à la voûte de la salle." *

Raymondin ayant trahit sa promesse, Mélusine se vit obligée de disparaître à jamais et sous la forme d’un dragon ailé, s'envole par une fenêtre du château.

On dit que la nuit, de temps à autres, sous le regard muet des nourrices, elle revient caresser ses enfants et que lorsque la mort menace l'un d'entres eux, ses cris déchirants retentissent dans les travées du château.

Cette histoire fantastique du Moyen Âge m’a permit de découvrir les histoires diverses de la ville de Niort et m’a ouvert à une nouvelle façon de photographier. Il ne s’agissait plus seulement de capturer une certaine essence qui me fascinait, mais de créer les circonstances dans lesquelles elle puisse advenir et me surprendre.

Pour raconter cette histoire, j'ai rencontré ces femmes, chacune Mélusine, qui m'ont invite a partager un peu de leurs samedi.

*Jean d'Arras, trad. M. Perret, op. cit.